Repères

Combien coûte un projet sur mesure ?

Application mobile, logiciel en ligne, site ou outil interne : la question revient toujours, et on y répond rarement franchement. Voici les ordres de grandeur par type de projet, ce qui les fait varier, et les coûts que la plupart des devis passent sous silence.

Pourquoi personne ne peut répondre en une phrase

Demander le prix d'un logiciel revient à demander le prix d'une maison. Un studio de trente mètres carrés et une maison de famille portent le même nom, sans rien avoir de comparable.

Deux outils qui se ressemblent à l'écran peuvent demander un travail très différent. Ce qui coûte cher n'est presque jamais ce qui se voit. Un bouton supplémentaire ne change rien. Le fait que deux personnes voient la même donnée se mettre à jour en direct change tout.

Les trois questions qui déterminent le prix

Avant de parler de chiffres, trois réponses fixent l'essentiel du budget.

01

Y a-t-il des comptes utilisateurs ?

Une application qui fonctionne seule, sans inscription, reste simple. Dès qu'il faut créer un compte, il faut aussi gérer les mots de passe oubliés, la suppression de compte, la confidentialité des données, et un serveur qui tourne en permanence. C'est le premier grand palier.

02

Les données doivent-elles circuler entre utilisateurs ?

Afficher du contenu est simple. Permettre à deux personnes d'interagir, de voir la même information au même instant, ou de se répondre, demande une architecture entièrement différente. C'est le deuxième palier, et le plus coûteux.

03

Faut-il se brancher sur un système existant ?

Relier l'application à votre logiciel de gestion, à votre caisse ou à votre système de réservation est souvent la partie la plus imprévisible. Tout dépend de la qualité de ce qui existe déjà, et personne ne peut le savoir sans regarder.

Des ordres de grandeur, par type de projet

Ces fourchettes correspondent au marché français pour un studio indépendant ou un petit atelier, conception et développement compris.

Une application mobile, pour iPhone et Android

Comment se fabrique une application mobile : les étapes, la publication et les délais.

Application : moins de 2 000 €

Quelques écrans, aucun compte utilisateur, contenu fixe ou mis à jour rarement. Une vitrine, un catalogue, un outil de calcul, un guide.

Application : 2 000 à 15 000 €

Comptes utilisateurs, serveur, notifications, contenu qui évolue, un vrai parcours avec plusieurs fonctions. La majorité des projets se situent ici.

Application : au-delà de 15 000 €

Temps réel entre utilisateurs, paiements, plusieurs profils aux droits différents, connexion à un système existant, ou contraintes réglementaires fortes.

Un logiciel en ligne, ouvert dans un navigateur

Logiciel en ligne : 2 000 à 15 000 €

Une première version utile : des comptes, des données partagées et le suivi qui vous fait perdre du temps aujourd'hui. C'est ici que commencent la plupart des projets.

Logiciel en ligne : au-delà de 15 000 €

Plusieurs profils aux droits différents, des paiements, une connexion à un logiciel que vous utilisez déjà, ou des obligations réglementaires fortes.

À savoir

Il n'y a pas de version à moins de 2 000 € : dès qu'il y a des comptes et un serveur qui tourne en permanence, le socle a un coût incompressible. En savoir plus.

Un site ou un outil sur mesure

Site et outils : moins de 2 000 €

Un site de présentation de quelques pages, écrit à la main, rapide et sans rien à maintenir. C'est exactement ce qu'est le site que vous lisez.

Site et outils : 2 000 à 15 000 €

Un espace client, une automatisation qui remplace une tâche répétitive, une passerelle entre deux logiciels que vous utilisez déjà.

Le cas particulier

Brancher un outil existant est la partie la plus imprévisible d'un projet : tout dépend de la qualité de ce qui existe, et personne ne peut le chiffrer sans regarder.

Ces montants ne sont pas des tarifs. Ce sont des repères pour situer votre projet et éviter les malentendus dès le premier échange.

Ce qui fait varier la facture

Ce qui la fait monter

  • Le temps réel. Deux personnes qui voient la même chose au même moment, un chrono partagé, une partie à deux. C'est le poste le plus sous-estimé.
  • Le mode hors ligne. Fonctionner sans réseau, puis se resynchroniser sans perdre ni dupliquer de données, double souvent le travail sur les parties concernées.
  • Les paiements. Ils apportent des obligations légales, des cas d'erreur nombreux, et les règles propres aux boutiques d'Apple et de Google.
  • Les profils multiples. Un administrateur, un gestionnaire et un client ordinaire, ce sont trois applications à concevoir et à tester, pas une.
  • Le design sur mesure. Des écrans dessinés de zéro coûtent davantage que des composants standards, bien agencés. Et construire un système de design complet est un poste à part entière, détaillé plus bas.
  • La conformité. Données de santé, utilisateurs mineurs, secteur public : la charge administrative et technique augmente sensiblement.

Ce qui la fait baisser

  • Une seule base de code. Écrire une fois pour iOS et Android, plutôt que deux applications distinctes, évite de payer deux fois.
  • Un périmètre honnête. Sortir une première version qui fait trois choses bien coûte moins cher, et réussit plus souvent, qu'une version qui en fait quinze à moitié.
  • Du contenu prêt. Si vous fournissez les textes, les images et les données en état d'être intégrés, c'est autant de travail en moins.
  • Un décideur identifié. Les allers-retours de validation coûtent plus cher que le code lui-même. Une personne qui tranche fait gagner des semaines.
  • Des composants standards. Les éléments d'interface fournis par iOS et Android sont gratuits, familiers aux utilisateurs, et accessibles par défaut.

Le système de design, un poste à part

Ce n'est ni un logo, ni une maquette d'écran. C'est l'ensemble des décisions prises une fois pour toutes : la palette et ses variantes en mode clair et sombre, les typographies et leurs tailles, les espacements, les composants réutilisables avec tous leurs états, et les règles qui disent quand employer l'un plutôt que l'autre.

Ce travail s'ajoute au début du projet, avant que le premier écran définitif n'existe. Comptez quelques jours de conception supplémentaires, davantage si l'identité visuelle reste à inventer.

Quand il vaut son prix

À partir de là, chaque nouvel écran coûte moins cher : les choix sont faits une fois pour toutes, et on ne les rediscute plus. Une deuxième application réutilise le même travail. Si quelqu'un d'autre reprend l'application plus tard, il trouve des règles écrites au lieu de les deviner. Et une couleur ou une taille de texte se change à un seul endroit, sans reprendre les écrans un par un.

En pratique, cela devient rentable autour d'une vingtaine d'écrans, ou dès que vous envisagez un deuxième projet.

Quand c'est de l'argent perdu

Une application de quelques écrans qui n'évoluera pas n'a rien à y gagner. Les composants fournis par iOS et Android sont gratuits, familiers aux utilisateurs, et accessibles par défaut. S'en contenter est souvent le bon choix.

Un système de design est un investissement, pas une garantie de qualité. Nous vous dirons franchement si votre projet n'en a pas besoin.

Les coûts que l'on oublie

Le développement n'est pas une dépense unique. Un outil vit, et sa vie a un prix.

PosteOrdre de grandeurConcerne
Compte développeur Apple99 € par an, obligatoireapplication mobile
Compte développeur Google25 € une foisapplication mobile
Serveur et base de donnéesde quelques euros à plusieurs centaines par mois, selon l'usagetout projet avec des comptes ou des données
Nom de domaine et certificat15 à 50 € par ansite et logiciel en ligne
Sauvegardesquelques euros par moistout projet qui détient vos données
Maintenance annuelle15 à 20 % du coût initialtout projet

La maintenance n'est pas une option commerciale. Sur mobile, Apple et Google publient chaque année une nouvelle version de leur système, avec des règles qui changent : une application qu'on laisse en l'état finit par être retirée des boutiques. Pour un logiciel en ligne, ce sont les correctifs de sécurité qui ne peuvent pas attendre.

Ce qu'un prix très bas dissimule

Des offres très bon marché existent. Elles reposent en général sur l'un de ces trois arrangements.

Un générateur d'applications, qui produit un habillage autour de votre site web. C'est parfois suffisant, mais ce n'est pas une application, et vous ne possédez rien.

Un périmètre volontairement flou, où chaque précision devient un supplément. Le devis initial est bas, la facture finale ne l'est plus.

Aucune maintenance prévue. L'application fonctionne à la livraison, puis cesse de fonctionner à la mise à jour suivante du système, et il faut tout reprendre.

Pourquoi un devis sérieux commence par un cadrage

Un prix annoncé sans avoir compris le projet est une supposition. S'il est trop bas, quelqu'un paiera la différence, en argent ou en qualité. S'il est trop haut, vous renoncez à un projet qui était peut-être à votre portée.

C'est pourquoi nous commençons par une quinzaine de questions. Elles prennent dix minutes, elles ne coûtent rien, et elles permettent de vous répondre avec un chiffre défendable plutôt qu'une fourchette de confort.

Ces repères valent aussi pour un logiciel accessible depuis un navigateur : voir quand faire développer un logiciel de gestion en ligne.

Ces repères correspondent à ce que pratique un studio indépendant comme le nôtre, installé dans le Tarn et travaillant pour des structures d'Occitanie et de toute la France.

Décrivez votre projet, nous revenons vers vous sous quelques jours avec une proposition chiffrée, ou avec nos questions s'il en reste.

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